Qu’est-ce que 2020 aura apporté au numérique responsable et à la Tech for Good ? Quelles avancées pouvons-nous évoquer pour 2021 ? 2020 aura été une année remplie de rebondissements, que nous n’aurions jamais imaginés. Mais dans ce plein bouleversement, n’est-ce pas d’autant plus le moment pour agir ? Revenons sur les actualités autour du numérique responsable.

Les actualités du numérique responsable

Le Digital Services Act et le Digital Market Act

Le 9 décembre dernier, une “Constitution numérique” a été amenée à Bruxelles. Les deux régulations ont pour objectif de responsabiliser les géants du numérique. En effet, le Digital Services Act porte sur la régulation des contenus en ligne et sur la responsabilité des plateformes. La deuxième, le Digital Market Act, a pour ambition d’encadrer et réguler la concurrence.

J’ai évoqué cette avancée dans un précédent article portant sur le lien entre la situation sanitaire et la prise de conscience autour du numérique responsable. Attachée à la crise ou non, la possible adoption de ces régulations montre un engagement fort de l’Europe sur le chemin vers un numérique plus éthique et équitable.

Actualité importante du numérique responsable : l’indice de réparabilité

Entrée en vigueur au 1er janvier 2021, l’indice de réparabilité sera présent sur tout appareil électronique et électrique. Celui-ci a alors pour objectif de noter sur 10 la facilité de réparation d’un appareil selon 5 critères : 

  • Durée de disponibilité de la documentation technique et relative aux conseils d’utilisation et d’entretien
  • Facilité de démontage et accessibilité des outils
  • Durée de disponibilité des pièces détachées et délais de livraison
  • Prix des pièces détachées
  • Score spécifique déterminé par des sous-critères propres à la catégorie du produit

Enfin, pour plus d’informations sur le sujet, je vous renvoie vers l’article dédié de GreenIT.fr ainsi que vers la page dédiée du ministère de la transition écologique.

L'Europe exige la traçabilité des minerais rares de nos appareils électroniques

Depuis le 1er janvier, l’Europe exige aux entreprises européennes se fournissant en certains minerais rares une traçabilité plus stricte. Celle-ci est effective sur l’étain, le tantale, le tungstène et l’or. Minerais précieux, ils sont aussi appelés « minerais de conflits » ou « minerais de sang » car ils sont sujets à des trafics, permettant aux groupes armés de zones instables de se financer en armement. La corruption ajoute une couche opaque, laissant en place ce marché meurtrier.

Cette réglementation fait donc parties des actualités importantes sur le numérique responsable. Elle est une avancée majeure dans la fabrication plus éthique de nos appareils électroniques. Celle-ci « prévoit l’obligation pour les entreprises européennes intervenant dans la chaîne d’approvisionnement de veiller à ce que leurs importations de ces minerais et métaux proviennent exclusivement de sources responsables et ne soient pas issues de conflits. »

Cette réglementation européenne arrive tardivement, 10 ans après une réglementation similaire émise par les Etats-Unis. Remplis d’espoir, nous savons cependant que cette réglementation n’aura de poids qu’à partir de sa mise en œuvre et d’un réel contrôle indépendant. Des avancées restent à faire concernant plus généralement les conditions de travail des personnes travaillant à la fabrication de nos appareils électroniques.

Sources : GreenIT.fr, FranceInfo

Les annonces ambitieuses de Microsoft

Depuis ses derniers mois, Microsoft annonce son ambition d’agir face au réchauffement climatique. Début janvier 2020, la firme a affirmé son ambition d’avoir une empreinte carbone négative d’ici 2030. Fin septembre, le géant du numérique a annoncé en plus sa volonté d’atteindre une empreinte d’eau positive d’ici la même année.

Qu’en penser ? Est-ce un coup marketing verdissant l’image de Microsoft ? Ou sommes-nous sur un engagement fort d’une entreprise puissante ? Difficile de le savoir pour le moment. Je suivrais les avancées du projet et ses actualités clés pour le numérique responsable.

Premièrement, concernant le C02, leur plan d’attaque se base sur l’investissement dans des “innovations pour le climat”. Mais aussi sur le développement d’outils afin de réduire l’impact carbone de leurs clients. Microsoft compte aussi s’engager dans les débats politiques sur le sujet. Au-delà de faire de la compensation carbone, Microsoft vise la négativité carbone et compte donc réduire plus ses émissions et investir plus dans la réduction du carbone dans l’atmosphère. Tous leurs engagements et détails du plan sont trouvables sur cette page.

Deuxièmement, pour ce qui en est de l’eau, l’entreprise souhaite réduire sa consommation d’eau et reconstruire des réserves d’eau dans des zones où elle opère en s’associant à des acteurs du secteur et en rendant plus accessible l’approvisionnement en eau potable dans des zones reculées. Tous leurs engagements et détails du plan sont trouvables sur cette page.

Les actualités du numérique responsable, côté tech for good

L’Appel Tech for Good

Le 30 novembre dernier, l’Elysée annonçait la signature de l’Appel Tech for Good par 75 entreprises de la tech. En signant cet appel, ces entreprises s’engagent à “apporter des solutions aux grands défis des temps” : développement économique, lutte contre les inégalités et les discriminations, réduction des émissions de gaz à effet de serre et préservation de la biodiversité… L’appel vise aussi à recentrer les acteurs sur les valeurs fondatrices du web : un Internet libre, ouvert et sûr. De quoi participer à une avancée dans le sujet de la tech for good.

Cependant, bien qu’engageant, cet appel n’est cependant non-contraignant et sa bonne application tient de la volonté de ses signataires. Nous attendons de voir émerger de nouvelles actualités autour du numérique responsable et de cet appel.

Des startups Tech for Good primées par Emerging Mediterranean

Le 14 décembre dernier, le programme d’accélération de startups Emerging Mediterranean a primé 5 startups à fort impact environnemental et social à la suite d’un boot camp. À la clé, ces startups obtiennent une bourse de 7 000 €. Parmi elles, nous pouvons retrouver Daadoo VDP dont l’objectif est de valoriser les déchets plastiques en matériaux de construction (briques, tuiles, pavés) en le récoltant, le triant et le transformant. Le projet sera bénéfique d’un point de vue social (emploi) et environnemental. L’ambition première de ce programme est “d’accélérer l’innovation positive en Méditerranée. » 

Source : Econostrum

BackMarket en croissance après le premier confinement

BackMarket a le vent en poupe et s’étend en 2020. Une actualité positive pour le numérique responsable en sachant que ¾ de la pollution numérique d’un appareil est due à sa fabrication. En effet, la startup spécialisée dans le reconditionné a levé 110 millions d’euros en mai dernier pour se développer à l’international. Avec l’augmentation du télétravail, et dans le même temps la vente des appareils électroniques, la marketplace a connu un fort engouement en Europe et aux Etats-Unis.

En novembre dernier, BackMarket annonçait lancer un programme à destination des TPE et PME afin de les aider dans le contexte actuel. Cet accompagnement a pour but d’aider les magasins d’achat-vente de produits d’occasion dans leur digitalisation et donc la vente en ligne. Selon Thibaud Hug de Larauze, CEO, “le contexte actuel particulièrement éprouvant pour ces entreprises nous a donné envie de leur proposer une offre adaptée, leur permettant de se développer malgré le confinement.” 

Sources : L’ADN, L’usine digitale

Quelles avancées et actualités pour début 2021 ?

Proposition de loi sur l’empreinte environnementale du numérique

L’une des actualités prometteuses du numérique responsable a eu lieu le 12 janvier dernier. En effet, le Sénat a adopté en première lecture une proposition de loi visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique, un pas prometteur vers un numérique plus responsable. Cette proposition se scinde en plusieurs volontés : 

  • Faire prendre conscience aux utilisateurs de l’impact environnemental du numérique
  • Limiter le renouvellement des terminaux
  • Faire émerger et développer des usages du numérique écologiquement vertueux
  • Promouvoir des centres de données et des réseaux moins énergivores

De plus, un nouveau chapitre souhaite traiter des stratégies numériques responsables dans les territoires : “les grandes communes, les départements et les régions devront élaborer et présenter tous les ans, en amont de leur débat budgétaire, une stratégie numérique responsable.” 

Source : Sénat.fr, Vie publique

Photo par Mattias Diesel

A propos de l'auteur

Alizée Colin

Fondatrice & rédactrice

UX/UI designeuse en devenir, j’aspire à recentrer le web et ses outils dans un objectif de bien commun, tant bien environnemental que social. Nous sommes dans une ère où nous nous devons de réinventer notre manière de concevoir et de communiquer. Le numérique responsable en fait partie. Changeons les choses.

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