Sans appareils électroniques, pas d’accès au numérique. Avec l’omniprésence du numérique dans nos vies, ces équipements le sont aussi. Lorsque l’on parle de pollution numérique, cela ne concerne pas que notre utilisation du web, mais bel et bien aussi à la fabrication des appareils utilisés. Selon GreenIt.fr, la pollution numérique est dû aux ¾ à leur fabrication. Dans ce cas, en quoi nos appareils sont-ils polluants et comment y remédier ?

Sommaire

  • La fabrication
  • L’obsolescence programmée
  • La pollution numérique : la fin de vie de nos appareils électroniques
  • La fabrication des équipements
  • Allonger la durée de vie de nos appareils électroniques
  • Changer la fin de vie de nos appareils électroniques

En quoi nos appareils électroniques sont-ils polluants ?

La pollution par la fabrication

En 2015, nous comptions pas loin de 28 milliards d’appareils électroniques dont 9 milliards d’objets connectés. Cette même année, GreenIT.fr prévoyait 48 milliards d’objets connectés pour 2025. Une explosion d’appareils électroniques. Pour comprendre la pollution engendrée par tous ces appareils, regardons leur composition.

Un appareil électronique est composé principalement de plastique, de métaux, de substances et de verre. La combinaison de ces éléments fait de nos appareils électroniques une bombe écologique. En effet, dans les équipements, nous retrouvons plusieurs types de métaux : 

  • Les métaux ferreux et non ferreux : cuivre, aluminium, étain…
  • Les métaux précieux : or, palladium…
  • Les terres rares : tantale, europium…
  • D’autres substances comme le cobalt, le lithium ou le carbone

Ils sont répartis à quantité différente dans nos appareils électroniques et pèsent très lourd sur l’environnement. Selon l’ADEME (Agence de la transition écologique), pour extraire quelques grammes de minerais il faut excaver 200 kg de matière. Si l’on retranscrit cela à un ordinateur portable, sa fabrication mobilise environ 800 kg de matière première soit environ 350 fois son poids. L’extraction de ces minerais a donc un impact considérable sur l’environnement. Ces quelques grammes désirés demande une énergie colossale. 

La pollution par la fabrication

La phase de fabrication d’un appareil électronique est donc beaucoup plus énergivore que son utilisation. Au-delà de l’extraction des matières premières, la fabrication des composants se fait dans des pays en voie de développement, où toute électricité provient du charbon, minerai à lourd impact environnemental. La phase de transport compte elle aussi dans la balance. En tout, cette phase émet 73% des gaz à effet de serre produits par un appareil électronique tout au long de sa vie. 

À cela, la tendance est à la dématérialisation et aux designs épurés. Mauvaise idée. Pour assouvir ces désirs-là, les composants se complexifient et exigent des traitements chimiques et de l’énergie supplémentaire. Aujourd’hui, un écran plasma contient assez de métaux lourds pour polluer 50m3 de terre pendant 30 ans, l’équivalent d’un jardin de particulier. 

La pollution par l'obsolescence programmée

Après la fabrication d’un appareil électronique, passons à son utilisation et plus particulièrement sa durée de vie. La durée de vie de nos appareils électroniques est mise à mal par leurs fabricants et par nos envies. Comme nous le savons tous depuis des années, des fabricants d’appareils (électroniques on non), font tout pour que nous ré-achetions des produits chez eux. L’obsolescence programmée, par définition, est la réduction volontaire de la durée de vie d’un produit afin d’en accélérer le renouvellement. 

En tant que consommateurs, nous sommes aussi sujets aux tendances, aux évolutions des technologies et donc à l’envie d’en changer pour des plus récents. Cet acte a cependant un gros impact environnemental. Selon l’ADEME, passer de 2 à 4 ans d’usage pour une tablette ou un ordinateur améliore de 50% son bilan environnemental. Un gain autant économique que écologique.

La pollution numérique : la fin de vie de nos appareils électroniques

La pollution de nos appareils électroniques vient aussi de leur fin de vie. Les déchets électroniques et électriques (DEEE) sont destinés à être recyclés car se sont une mine de ressources réutilisables. La France et l’Union européenne se sont d’ailleurs engagées à recycler ces déchets et en ont interdit l’exportation. Cependant, il y a un problème : seul 40% des DEEE sont recyclés dans l’UE. Où vont donc les 60% restants ?

Ce documentaire nous montre que la fin de vie de nos appareils ouvre la voie d’un grand trafic. En fin de vie, une partie de nos appareils sont recyclés : ceux que nous ramenons en magasin ou en décharge. Une autre partie, les appareils laissés sur le trottoir ou volés dans les déchetteries, finissent dans des pays peu développés, comme en Afrique. C’est le sort d’un appareil sur deux en France.

Dans le deuxième cas, les appareils électroniques sont démantelés pour récupérer les métaux précieux puis brûlés dans des décharges à ciel ouvert. L’impact environnemental est alors gigantesque. En effet, si la phase de démantèlement ne se fait pas correctement, les substances chimiques et les gaz toxiques de nos appareils s’échappent, polluant les sols et l’air. Au-delà d’être un problème écologique, il est aussi humain. Lors du traitement, les émanations des métaux lourds comme le plomb, le mercure et le cadmium entraînent des lésions neurologiques et des cancers à toute population voisine.

En 2016, les déchets électroniques et électriques représentaient 44,7 millions de tonnes, l’équivalent de 9 pyramides de Gizeh.

La fabrication des appareils électroniques

Et oui, revenons au début. En tant que consommateur de ces appareils, nous pouvons choisir celui que nous allons utiliser. Nous pouvons opter pour des appareils fabriqués plus respectueusement. Grâce à des initiatives comme celles de l’organisme HOP (Halte à l’Obsolescence Programmée), le consommateur peut contrôler ses achats. L’organisme a mis en place une plateforme pour signaler les produits à obsolescence programmée. Chacun peut y contribuer, trouver des ressources sur le sujet et des alternatives. Des labels environnementaux sont aussi là pour nous aider dans notre choix. L’ADEME, dans son guide La face cachée du numérique, nous en expose plusieurs :

Les labels spécialisés :

Il concerne les ordinateurs et les tablettes. Ces appareils sont : économes, réparables, durables et résistants aux chocs. Cela veut aussi dire qu’il y a une absence ou une limitation de certaines substances dangereuses pour la santé.

Cela concerne les ordinateurs et imprimantes. Il signifie : Économes, réparables, absence ou limitation de certaines substances dangereuses pour la santé.

Ce label vaut pour les ordinateurs et écrans.  Sa signification : Économes, recyclables, réparables, réutilisable. Absence ou limitation de certaines substances dangereuses pour la santé.

Il concerne les ordinateurs, imprimantes et téléphones portables.  Les appareils sont : Économes, recyclables, et réparables. Il valide aussi une absence ou une limitation de certaines substances dangereuses pour la santé.

Ce label vaut pour les ordinateurs, écrans, tablettes et téléphones portables. Sa signification : Économes, recyclables, réparables, réutilisable, résistants dans la durée et qu’il y a une absence ou limitation de certaines substances dangereuses pour la santé.

Remédier à la pollution numérique : allonger la durée de vie de nos appareils électroniques

Plusieurs possibilités s’offrent aux consommateurs pour allonger la durée de vie de leurs appareils. Lorsque le changement d’appareil survient sur un coup de tête, réfléchissons. Ai-je vraiment besoin de cet appareil ? L’ancien marche-t-il encore ? Ne prenons pas ce changement comme anodin, surtout si notre ancien appareil fonctionne toujours. Si le changement doit se faire, acheter des appareils reconditionnés ou d’occasion peut être une solution.

Deuxièmement, si nous prenons soin de nos appareils, ceux-ci peuvent durer plus longtemps. C’est-à-dire prendre des protections contre les virus et recharger correctement ses appareils électroniques peut éviter que la batterie ne s’use trop vite par exemple.

Lorsque cela est possible, privilégier la réparation au remplacement peut vraiment réduire l’impact environnemental de nos appareils électroniques.

Remédier à la pollution numérique : la fin de vie de nos appareils électroniques

Si malgré tout, vous vous séparez de votre objet, voici plusieurs possibilités :

Si votre appareil fonctionne encore, donnez-le. Que ce soit à un ami ou à une association comme la ressourcerie, Emmaüs, l’association ConsoGlobe ou d’autres, votre appareil peut avoir une seconde vie et faire plaisir à la personne qui l’obtient. L’autre alternative est la vente d’occasion, sur un site de seconde main ou dans un vide-grenier.

Si votre appareil électronique ne fonctionne plus, réparez-le. Vous pouvez le faire vous-même dans des endroits dédiés comme les Repair Café ou chez vous avec les nombreux tutos en ligne. Il y a aussi la possibilité de l’envoyer à réparer auprès du fabricant de votre appareil ou dans un magasin spécialisé. Enfin, si celui-ci est irréparable, recyclez-le en allant le déposer dans des points de collecte Eco-systemes, trouvables dans des magasins d’informatique ou en déchetterie.

Conclusion

Allonger la durée de vie de ses appareils électroniques, c’est aussi contribuer à un numérique plus responsable. En tant que consommateurs, nous pouvons changer leur impact en les choisissant, les utilisant et les recyclant mieux. Ces démarches, combinées une à une, font drastiquement baisser l’impact environnemental de nos appareils électroniques.

Autres sources

A propos de l'auteur

Alizée Colin

Fondatrice & auteure

Etudiante dans le secteur du numérique, j’aspire à recentrer le web et ses outils dans un objectif de bien commun, tant bien environnemental que social. Nous sommes dans une ère où nous nous devons de réinventer notre manière de concevoir et de communiquer. Le numérique responsable en fait partie. Alors, changeons les choses !

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