Apprendre à déconstruire et trouver des alternatives à nos habitudes polluantes est le levier le plus important pour évoluer vers un futur plus durable. Les low tech, aussi dites “basses technologies”, ont une importance capitale dans la déconstruction de nos habitudes et la construction de nouvelles : plus saines, aussi confortables et durables. On parle souvent de technologies innovantes qui vont faire évoluer notre monde. La réalité est que, pour une partie des problèmes perçus, les low tech y répondent déjà pleinement. Alors, intéressons-nous aux low tech, leur définition et importance.

Low tech : définition et principes

Définition de la low tech

La low-tech (“basse technologie”) s’oppose, par définition, à la high-tech (“haute technologie”). Ces technologies et savoir-faire “simples” sont conçus dans une volonté de production, fonctionnement et fin de vie, peu énergivores. Pour cela, toute conception de low tech se base sur une mesure de l’analyse de cycle de vie de la technologie et le potentiel de réchauffement climatique.

Les low tech sont inspirées par les mouvements Do It Yourself (DIY), qui promeuvent la fabrication de nos objets par nous-même. Mais aussi open source, qui laisse la possibilité de redistribuer librement, d’accéder au code source et de créer des travaux dérivés à partir de toute oeuvre. 

Dans l’esprit low tech, il y a donc les notions de communauté, de partage et de durabilité. Celles-ci sont au centre du mouvement low tech.

Le cycle de vie parfait

Dans le manifeste du Low tech Lab de Montréal, nous pouvons y trouver un résumé simple des principes d’une low tech :

  • Concept simple. Et oui, pour répondre à certaines problématiques, pas besoin de technologies complexes, les plus simples sont tout aussi efficaces.

  • De ressources locales. En effet, l’impact environnemental se crée dès le choix des matières premières. Les prendre localement permet de réduire l’impact environnemental (pas de transport), de valoriser l’économie locale, et de pouvoir mieux contrôler et réguler les modes d’extraction des matières premières.

  • Facilement fabricable. Les low tech sont définies comme simples mais elles sont aussi populaires et peuvent être fabriquées par tous. C’est là où réside la durabilité du mouvement : chacun peut contribuer facilement à la conception d’une low tech. C’est se débrouiller par les moyens les plus simples pour répondre à un besoin.

  • Faible en coût. Autre aspect qui rend les low tech accessibles à tous : leur coût. Moins il y a de composants complexes, d’heures de travail et de coût de transport, plus une technologie sera financièrement accessible et utilisable.

  • Convivial et accessible. Tous les autres points nourrissent celui-ci et le suivant. Le fait qu’elle soit locale permet de créer des liens dans une communauté. Sa conception simplifiée permet de rendre la fabrication accessible à tous. De nombreux ateliers existent d’ailleurs pour concevoir, ensemble, sa low tech, de quoi encore créer des liens ! Comme dit précédemment, le coût permet aussi l’accès des low tech à une plus grande partie de la population.

  • Sobre en énergie, préserve l’environnement. L’objectif majeur d’une low tech est qu’elle ait peu d’impact environnemental voire pas du tout, comparé à d’autres technologies répondant aux mêmes besoins.

  • Réutilisable, réparable, modulable. C’est le dernier point représentatif d’une low tech. Nous le savons tous, l’obsolescence programmée et l’accumulation des déchets pèsent lourd sur l’environnement et nourrit un système économique non-viable. Pour contrer ce phénomène, la conception simple, transparente et modulable d’une technologie permet de la faire vivre plus longtemps.
infographie explicative des principes low tech

Les acteurs du secteur

Plus tôt dans cet article, j’ai évoqué le Low tech Lab Montréal sans en expliquer le concept et son rôle dans l’environnement low tech. C’est le moment d’y résoudre ! Les Low tech Lab, présents un peu partout dans le monde et au niveau régional, sont des structures pivot du mouvement. D’après ses fondateurs,  le Low-tech Lab France “s’est donné pour mission de partager les solutions et l’esprit low-tech au plus grand nombre, afin de permettre à chacun de répondre à ses besoins de base de manière autonome et durable.” Cette volonté se traduit par des tutos pour concevoir des lows techs, des événements et conférences.

Autre acteur du mouvement low tech : Oseons. L’organisation se définit comme “catalyseur de l’écosystème low-tech”. Ici, l’objectif est de faciliter l’initiation aux low tech, de favoriser les échanges entre la communauté et les liens entre ses acteurs. Pour l’instant, “l’heure est à la réflexion collective, et à l’inspiration auprès de ce qui existe déjà”. À moyen terme, leur ambition est de créer une plateforme utile aux porteurs de projets low tech.

Ce sont grâce à ces acteurs que le mouvement s’amplifie. Ces structures donnent les clés pour agir chacun à son échelle. 

Un exemple de low tech

Les low tech peuvent être présentes dans tous les secteurs : habitation (isolation en paille), énergie (douche solaire)… mais aussi dans le numérique. Voyons un exemple de low tech définit dans le secteur numérique. 

Le projet Jerry Do-It-Together a pour vocation d’équiper ceux qui n’ont pas les moyens de s’offrir un ordinateur. Introduisons Jerry, une infrastructure informatique (ordinateur ou serveur) composé de matériaux de récupération et contenu dans un bidon (jerrycan). Simplifié au maximum, fabricable, réparable par tous et plus léger pour l’environnement que son homologue neuf, Jerry rempli tous les critères d’une low tech numérique.

low tech jerry

Son bénéfice est autant sur le plan écologique, en limitant l’impact de sa production, utilisation et fin de vie sur l’environnement, mais aussi social en donnant accès au numérique au plus grand nombre.

Pourquoi la low-tech ? À quoi sert-elle ?

On met souvent en avant les innovations qui vont changer et améliorer notre monde. Certes, l’innovation est motrice de changement. Cependant, les low tech sont la réponse à un besoin de changement de mode de vie et de consommation. Concevons des technologies simples, moins énergivores avant de concevoir des technologies coûteuses pour essayer de limiter nos impacts. Le changement doit se faire en amont plutôt qu’en aval.

Low tech dans le numérique

Intégrer les principes low tech dans le numérique reviendrait à le rendre plus sobre et durable. L’un des grand problèmes présents avec nos appareils électroniques sont qu’ils sont peu réparables due à la volonté de l’entreprise conceptrice que l’on en achète directement un nouveau. On pourrait réfléchir à des appareils électroniques plus simplifiés, moins énergivores et réparables. Cela serait un premier pas vers de la low tech. Une première entreprise tente de s’approcher au mieux du concept low tech : Fairphone.

Autre piste pour un numérique low tech : l’éco-conception web et logicielle. Toute aussi frugale et plus accessible, l’initiative peut rentrer dans une démarche low tech telle qu’elle est définie.

D’après GreenIT.fr dans leur article sur la low tech numérique : “Plus les années passent et plus il apparaît évident que la low-tech est la seule voie possible pour construire la base de notre avenir numérique.” En effet, mêlant sobriété, durabilité et accessibilité, la low tech appliquée au numérique est le levier primaire vers un numérique plus responsable.

A propos de l'auteur

Alizée Colin

Fondatrice & auteure

Etudiante dans le secteur du numérique, j’aspire à recentrer le web et ses outils dans un objectif de bien commun, tant bien environnemental que social. Nous sommes dans une ère où nous nous devons de réinventer notre manière de concevoir et de communiquer. Le numérique responsable en fait partie. Alors, changeons les choses !

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